Débris spatiaux : un défi pour le secteur du Newspace

Débris spatiaux en chiffres : de quoi parle-t-on ?


Les estimations pour les lancements de satellites dans les 10 prochaines années varient considérablement entre 20 000 et 100 000 (ou plus). Quel que soit le nombre réel, l’augmentation sera spectaculaire compte tenu des 3 000 satellites actuellement en orbite. Un effet secondaire évident sera la création de nouveaux débris spatiaux. Avec cette tendance, le nombre de débris générés augmentera probablement de façon spectaculaire avec un risque de collision augmentant de façon exponentielle. Ceci a été étudié par Donald Kessler pour la NASA à la fin des années 1970 et est connu sous le nom de syndrome de Kessler : avec un grand nombre d’objets en orbite, toute collision peut générer une réaction en chaîne détruisant de nombreux satellites. Le film Gravity d’Alfonso Cuaron l’a brillamment montré à l’écran en 2013.

Mesurer les risques associés aux activités spatiales


Cela pose de nouveaux risques pour l’industrie, car cela peut nécessiter une optimisation plus complexe des orbites, peut entrainer une réduction de la durée de vie des satellites et également des coûts supplémentaires d’exploitation, d’assurance et de conception des satellites. C’est aussi un risque pour la population, car les retours incontrôlés sont des menaces évidentes pour la population.


Que faire pour atténuer les risques de débris spatiaux

Que peut-on faire pour résoudre ce problème ? Nous proposons plusieurs pistes de réflexion.
L’industrie peut s’organiser pour autoréguler ses activités comme cela a été mis en œuvre dans d’autres secteurs. Cependant, étant donné la nature stratégique du secteur, il peut être difficile d’organiser cela sans le soutien ou l’implication des gouvernements.
Par ailleurs, il n’existe pas aujourd’hui de réglementation mondiale ni d’organisme international qui se penche sur cette question. L’ONU a publié un ensemble de bonnes pratiques sur le sujet des débris (via le COSPUOS) en 2007. Et tandis que l’UIT ou l’UNOOSA agissent globalement sur des sujets spatiaux connexes, tous les pays ont leurs propres organes directeurs pour l’espace et des réglementations spécifiques. Par exemple, la France a mis en place le LOS (Loi de l’Espace) pour gérer la fin de vie des satellites. Cependant, cette réglementation ne s’applique qu’aux entreprises françaises et il y a un besoin évident d’une réglementation mondiale pour s’attaquer à ce problème.
De nouvelles améliorations techniques peuvent contribuer à améliorer la situation, telles que l’élimination active des débris (ADR) qui vise à nettoyer l’orbite ou l’élimination post-mission (PMD) qui vise à accélérer la rentrée.
Une fois les débris créés, l’identification des objets et de leurs trajectoires est essentielle pour éviter les collisions. La plupart des données disponibles concernant les débris spatiaux proviennent du NORAD qui suit 27 000 objets en continu. En Europe, l’EU SST soutenue par la Commission européenne s’attaque à ces problèmes. En France, le CDE est responsable de la sécurité des actifs spatiaux français. Des entreprises privées commencent à travailler sur ce sujet. En France, Share My Space se lance dans la fourniture de données et de services en la matière à travers un catalogue de plus de 250K objets. Aux États-Unis, Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, a lancé une société appelée Privateer Space pour résoudre le problème. Ces structures sont assez récentes et l’efficacité de leur offre sera évaluée dans le futur.
Le nettoyage de l’orbite est la dernière étape qui peut être effectuée pendant que les débris sont en orbite autour de la terre. Plusieurs projets et entreprises du Newspace (Clearspace, Astrospace) sont en passe de démontrer ce type de capacité, mais cela n’a pas encore été prouvé. Selon la SWF (Secure World Foundation), plusieurs pays comme la Chine et la Russie travaillent sur des projets de remorqueurs spatiaux pour enlever les débris spatiaux mais peut-être aussi à des fins de sécurité. Toutefois, sans régulation globale, la question du coût du nettoyage n’a pas été traitée: à ce jour personne n’est responsable ni prêt à payer pour évacuer les débris.
En résumé de cette courte note, nous soulignerons simplement le fait que ce problème s’aggrave et que même si des projets techniques peuvent y remédier, une réglementation mondiale et une responsabilité globale de l’industrie sont nécessaires pour que l’orbite LEO reste utilisable à l’avenir. C’est là que Newspace peut intervenir….

La carte du Newspace Français (février 2022)

Voici la carte du Newspace Français que nous vous proposons. Elle sera mise à jour régulièrement.

French NewSpace map

Cette cartographie rassemble l’écosystème NewSpace français, c’est-à-dire ce que nous considérons comme les structures les plus représentatives ou prometteuses.

Les structures identifiées sont des pure players dans le domaine du spatial ou dont c’est l’activité principale.

Ce n’est pas tant l’opposition avec un « old space », qui serait dépassé, mais plutôt un nouveau paradigme qui, grâce à la miniaturisation et à la baisse des coûts, permet de faciliter l’accès à la technologie, nanosats, cubesats et met des services et les données spatiales au centre du jeu. Ce moindre coût permet aux petites entreprises et startups de participer à l’aventure spatiale.

Le développement d’infrastructures orbitales ou terrestres n’étant plus un frein, nous passons d’un modèle d’industrie de produits à une industrie de services.

Nous avons choisi de présenter cette version simplifiée en 4 grands blocs :

Infrastructure : comprend les fabricants et intégrateurs de satellites, les fabricants de sous-systèmes et d’équipements de satellites, les fabricants d’équipements au sol (pour le segment des opérations et le segment des utilisateurs). Il comprend les grandes entreprises spatiales historiques (Airbus et Thales) qui entrent également dans ce secteur ainsi que des PME établies qui se diversifient.

Lancement/opérations : comprend toutes les entreprises offrant des services en orbite terrestre et au-delà.

Applications et usages : Comprend les opérateurs de systèmes dans 3 grandes familles (observation, télécoms et collecte de données) ainsi que les fournisseurs de services à valeur ajoutée utilisant les données fournies par les opérateurs.

Facilitateurs : inclut les structures qui contribuent au développement du secteur spatial.

On peut noter que la grande majorité des entités qui développent la technologie (satellite et segment sol) sont logiquement basées à Toulouse. Ils bénéficient de l’expertise historique du « legacy space » et d’un excellent réseau d’écoles et d’universités, renforçant la position de Toulouse comme capitale du NewSpace français et probablement européen.

A noter : cette 1ère version sera régulièrement mise à jour en fonction des actualités et évolutions des entreprises

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